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Technoférence : quand le téléphone des parents s’invite entre eux et leur bébé

Et si la question des écrans en famille commençait par ceux des parents ? C’est l’un des messages du dossier « Grandir avec les écrans » de Santé publique France, publié le 2 octobre et mis à jour le 14 octobre. Il met un mot sur un phénomène que beaucoup de parents reconnaîtront : la « technoférence ».

En bref
• La technoférence désigne les interruptions que provoque un écran dans les échanges entre un parent et son enfant.
• Santé publique France y consacre une partie de son dossier sur les écrans.
• L’agence ne demande pas d’interdire les écrans mais plaide pour une prévention collective.
• Quelques règles simples, fixées pour toute la maison, changent déjà beaucoup.

C’est quoi, la technoférence ? #

Le mot vient de l’anglais, contraction de « technologie » et « interférence ». Il désigne ces moments où un écran s’invite dans l’échange entre un adulte et un enfant : une notification pendant le bain, un message consulté pendant le biberon, une réponse donnée sans lever les yeux du téléphone.

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Le dossier de la revue La Santé en action de Santé publique France consacre un volet aux interactions entre parents et tout-petits, et parle explicitement de « technoférence » parentale. Le sujet n’est plus seulement le temps que l’enfant passe devant un écran, mais aussi celui que l’adulte y passe devant lui.

Pourquoi ce sujet revient maintenant ? #

Parce que les écrans sont partout. Santé publique France rappelle qu’en 2025, chaque foyer en France possède plus de dix appareils numériques. Selon le même dossier, les 3-5 ans y passent 1 h 30 par jour, et les 9-11 ans près de 2 h 30.

L’agence relève aussi que la gestion des écrans est devenue la principale préoccupation éducative des familles. Beaucoup de parents se sentent seuls face à cette question, et souvent coupables. Le dossier prend le contre-pied de cette culpabilisation : il invite à passer d’une responsabilité purement familiale à une prévention collective, qui associe l’école, les collectivités et la régulation.

Que se passe-t-il pour l’enfant ? #

Un tout-petit apprend à parler, à se calmer et à comprendre les émotions à travers les échanges avec ses parents : regards, mimiques, mots, réponses à ses babillages. Quand l’adulte décroche régulièrement vers un écran, ces échanges sont plus courts et plus souvent interrompus.

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Le site Selectra, qui a analysé le dossier le 9 octobre, cite une étude américaine de 2016 dans laquelle six mères sur dix déclaraient que leur smartphone interférait régulièrement dans leurs interactions avec leur enfant de 3 ans ou moins. Ces travaux décrivent des associations, pas une relation de cause à effet démontrée.

Le message n’est donc pas d’interdire le téléphone aux parents, ce qui serait irréaliste. Il s’agit de repérer les moments où l’enfant a le plus besoin d’attention, et de les protéger.

Quels moments protéger en priorité ? #

Les repas sont le premier terrain. Une télévision allumée en fond, même sans que personne ne la regarde, occupe l’espace sonore et capte les regards. L’éteindre pendant le repas est sans doute le geste le plus simple et le plus efficace pour retrouver de vraies conversations.

Viennent ensuite les soins du quotidien : biberon, change, bain, coucher. Ce sont des moments courts, répétés plusieurs fois par jour, qui comptent énormément pour le lien. Laisser le téléphone dans une autre pièce le temps du bain, c’est un moment d’attention pleine, sans effort particulier.

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Le coucher, enfin, gagne à rester un rituel sans notifications. Couper le son du téléphone pendant l’histoire du soir évite les interruptions et aide l’enfant comme le parent à décrocher.

Comment poser des règles sans culpabiliser ? #

En parentalité positive, une règle fonctionne mieux quand elle s’applique à tous. Plutôt que d’exiger d’un enfant qu’il lâche sa tablette pendant que l’adulte consulte ses messages, on fixe des règles de maison : pas d’écran à table, pas de téléphone dans la chambre la nuit, des temps sans écran le dimanche matin.

Ces règles peuvent être décidées en famille, écrites sur une feuille affichée dans la cuisine, et revues de temps en temps. Les enfants sont souvent les premiers à rappeler aux parents l’engagement pris, et c’est une bonne nouvelle : cela montre qu’ils ont compris la règle.

Regarder ensemble un programme adapté à l’âge, en le commentant, change aussi la nature de l’écran. Il devient un support d’échange plutôt qu’une parenthèse où chacun s’isole.

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Questions fréquentes #

Santé publique France recommande-t-elle d’interdire les écrans ?

Non. Le dossier plaide pour des mesures de prévention collectives et proportionnées, plutôt que pour des interdictions ou une culpabilisation des familles.

Le téléphone est-il vraiment un problème si mon enfant joue seul ?

L’enjeu porte surtout sur les moments d’échange : repas, soins, jeux partagés. Un parent qui consulte son téléphone pendant que l’enfant joue en autonomie n’est pas dans la même situation.

Où lire le dossier complet ?

Le dossier « Grandir avec les écrans » est consultable gratuitement sur le site de Santé publique France, dans le numéro 474 de la revue La Santé en action.

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